• 19/03/2021

Impôt et télétravail: ce qu’il faut savoir

2 minutes

Chloe Machillot

Chloe Machillot

Mars rime avec déclaration d’impôts. Cette année, des dizaines de milliers de Québécois devront prendre en compte leur situation de télétravail dans le calcul de leur revenu imposable. Qui? Comment? Combien? Luce Morin, comptable agréée, fiscaliste et formatrice en finances personnelles, nous aide à y voir clair.

«Les gens ont droit à une nouvelle déduction pour le télétravail et pour l’obtenir, ils devront choisir entre deux méthodes: simplifiée ou détaillée», déclare Luce Morin.

La méthode simplifiée

Elle offre un taux fixe de 2 $ par jour travaillé chez soi, jusqu’à un maximum de 400 $. La seule condition pour en bénéficier est d’avoir passé quatre semaines consécutives en télétravail en 2020. L’employé doit simplement réclamer un formulaire T2200S à son employeur.

«Si j’ai travaillé 250 jours à la maison l’an dernier, je multiplie 250 par 2 $ = 500 $, qui sont ramenés à la limite de 400 $, explique Luce Morin. Attention, cette somme de 400 $ est une déduction sur le revenu imposable, elle ne revient pas directement dans ma poche! Si mon revenu est imposable à 50 %, c’est la moitié des 400 $ que je récupère, soit 200 $.»

Pour résumer, cette méthode simplifiée est très accessible (et pratique pour ceux qui ne gardent pas leurs factures!), mais ne permet pas de récupérer beaucoup d’argent.

Luce Morin

La méthode détaillée

Plus fastidieuse, elle permet d’aller chercher des sommes plus importantes. Elle est destinée aux personnes qui ont effectué plus de 50% de leur temps de travail annuel à la maison en 2020. «Ceux qui ont été en télétravail, mais qui sont retournés travailler partiellement au bureau durant l’année, ne seront pas forcément concernés», prévient Luce Morin. S’il peut recourir à cette méthode, l’employé doit réclamer un formulaire T2200 à son employeur et rassembler ses factures admissibles.

Ces dernières incluent le loyer, les frais d’électricité et de chauffage, les frais pour l’Internet et le téléphone ainsi que les dépenses de papeterie liées à l’activité professionnelle. En revanche, les dépenses liées aux équipements électroniques ou à l’ameublement ne sont pas admissibles.

« Si j’habite dans un quatre et demie et que j’ai réquisitionné une pièce pour en faire mon bureau, on peut dire que j’utilise 25 % de mon logement pour le télétravail. Pour un loyer de 1000 $ par mois, sur une période de télétravail de 10 mois, on va donc calculer 1000 X 10 X 25 % = 2500 $, c’est la somme que je peux déduire de mes impôts », explique Luce Morin, qui ajoute que dans ce scénario, le pourcentage de 25 % s’applique également aux factures d’électricité et de chauffage qui seront déclarées comme des frais liés au télétravail.

« Les personnes qui payent un loyer dans un petit espace ont tout intérêt à opter pour la méthode détaillée, qui va chercher de plus grosses sommes. Les propriétaires, en revanche, sont moins avantagés, car elle ne permet pas de déduire l’hypothèque ni la taxe foncière. Mais chaque situation est différente, il faut calculer les deux options pour choisir la plus avantageuse d’un point de vue fiscal», conclut Luce Morin.

Le calculateur en ligne

Le calculateur en ligne vous permet de savoir laquelle des deux méthodes est la mieux adaptée et la plus payante pour vous. Il vous suffit de rentrer quelques données comme la surface de votre logement, la surface occupée par votre bureau, le montant de votre facture d’électricité, d’internet ou encore la somme dépensée pour vos fournitures de bureau.

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