Un quartier à l’avant-garde du développement durable

3 minutes

Chloe Machillot

Montréal Centre Ville - Espace affaires
Unis par l’objectif d’une croissance viable à long terme, les acteurs du centre-ville de Montréal rivalisent d’innovation pour bâtir un quartier aussi dynamique que résilient, tant sur le plan environnemental que social et économique. Ce souci du développement durable est devenu inhérent à la majorité de leurs activités, plaçant le territoire à l’avant-garde de pratiques essentielles au salutdes générations futures.

Une simple balade au centre-ville suffit pour réaliser que le critère de résilience guide l’élaboration de la majorité des projets.

Recyclage des bannières publicitaires, promotion des transports actifs, verdissement, etc. : chaque petite initiative rejoint l’objectif de carboneutralité visé par la Ville d’ici 2050.

« On n’est plus seulement dans des déclarations d’intentions, mais déjà dans l’implantation de modèles alternatifs, observe Josée Duplessis, directrice générale de la Maison du développement durable. Le développement durable est rendu dans une phase d’accélération qu’on nomme transition écologique. »

Un verdissement cyclique au centre-ville

Plus de 1000 jardinières suspendues et 48 bacs d’arbres enracinés ont été installés sur la rue Sainte-Catherine l’été dernier. Les espèces plantées ont été choisies pour favoriser la biodiversité. Leurs fleurs ont été ramassées en fin de saison, puis compostées par des fermes environnantes, qui utiliseront ce compost pour fertiliser leurs terres agricoles. Les arbres, quant à eux, ont été récupérés par la compagnie d’horticulture EZPotCulture, qui les a replantés sur son terrain et les entretiendra jusqu’à l’an prochain.

D’ailleurs, cette dernière fournira des sapins enracinés, sur le même concept, pour décorer le centre-ville cet hiver.

Le secteur immobilier fait sa part 

La construction de bâtiments propres et résilients est également devenue une évidence pour la majorité des investisseurs au centre-ville. De plus en plus de constructions innovantes décrochent des certifications LEED, une référence internationale qui évalue le design, la construction et l’exploitation des bâtiments durables. La tour Manuvie, par exemple, possède une certification LEED or. Un peu plus loin, la tour Deloitte nourrit sa fiertégrâce à une certification LEED platine, le plus haut grade attribué.Le futur campus HEC, qui doit ouvrir ses portes au printemps prochain à proximité du métro Square-Victoria-OACI, en est une figure de proue. Ses caractéristiques innovantes (toits verts, puits de géothermie, aménagements paysagers favorisant la biodiversité, intégration au réseau de transports actifs…) lui permettront d’obtenir une certification LEED or.

Le centre-ville multiplie les initiatives de verdissement et de promotion des transports actifs. Par exemple, 48 sapins de Noël naturels en pots décoreront la rue Sainte-Catherine cet hiver.

Les commerçants se joignent au mouvement          

« Il y a de plus en plus de leaders en développement durable et ils inspirent les autres. C’est en cela que Montréal est avant-gardiste », affirme Cristina D’Arienzo, directrice des opérations chez Montréal Centre-Ville.

Elle observe notamment cet « effet domino » parmi les commerçants. « Beaucoup de restaurateurs font des efforts pour réduire leur production de déchets en proposant des contenants de mets pour emportercompostables. En plus de poser un geste pour la planète, ils montrent à leurs confrères que c’est possible, ce qui les inspire à faire de même», illustre-t-elle. Les consommateurs y sont également sensibles. Nombreux sont ceux pour qui les pratiques écologiques d’un commerce sont un critère de choix.

Au centre-ville, le travail continue 

« Je crois aussi que la notion de développement durable va bien au-delà des gestes verts; il s’agit d’une réflexion globale», ajoute Loretta Cianci, directrice du développement du campus de HEC Montréal. « Le projet du campus, par exemple, a été élaboré grâce à des méthodes de réflexion participatives. Même les résidents voisins ont été concertés ! C’est avant-gardiste : nos pratiques ne visent pas que des intérêts écologiques et économiques, mais aussi le bien-être de la communauté. »

L’enjeu du développement durable réserve encore de nombreux défis au centre-ville. «Beaucoup de pratiques sont plus faciles à instaurer dans des bâtiments neufs. Mais il faut maintenant s’atteler à la transformation des bâtiments existants, souligne Josée Duplessis. Grâce à la mobilisation et la concertation déjà très active entre les institutions, le milieu des affaires et celui de la culture, on va continuer d’aller plus loin ensemble. »