• 24/11/2020

Une découverte historique sur la rue Peel

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Montreal centre-ville

Montreal centre-ville

  • © Kyle William's art
À deux reprises, à 157 ans d’intervalle, le site Dawson, situé au centre-ville de Montréal, a révélé des vestiges du seul village d’Iroquoiens du Saint-Laurent trouvé sur l’île. Ce sont ces découvertes historiques qui sont mises de l’avant avec les Lumières sur Peel.

Une première découverte en 1859

En 1859, la Ville de Montréal se développe rapidement à l’extérieur de la banlieue d’origine qui entourait la vieille ville. Le territoire du centre-ville actuel est alors subdivisé et bâti. 

John William Dawson, géologue et directeur du Collège McGill (qui deviendra en 1885 l’Université McGill), examine les découvertes faites par des ouvriers dans une sablière située devant l’entrée de l’établissement, dans ce qui est aujourd’hui le quadrilatère. délimité par les voies Sherbrooke, Metcalfe, de Maisonneuve et Mansfield. 

De nombreux vestiges y sont rassemblés dans un fouillis, principalement des poteries, mais aussi des outils en os et en pierre, des pipes en terre cuite, des traces de foyers, des ossements d’animaux et même des sépultures humaines. Intrigué, Dawson y reconnaît les vestiges d’un village amérindien datant d’avant l’installation des colons français dans la vallée du Saint-Laurent.

Malheureusement, la science archéologique n’était qu’ embryonnaire à l’époque de Dawson, et aucune fouille n’a été effectuée sur le site. Aucun plan, aucune enquête n’a été faite. Et depuis, le lieu des découvertes a été complètement effacé par la construction de grattes-ciel. Par conséquent, ce site est encore très peu connu, même s’il est malgré tout le premier site archéologique reconnu comme tel et examiné sous le regard scientifique au Québec.

L’avancement des connaissances en archéologie au cours du XXe siècle et une analyse des collections anciennes effectuées dans les années 1960 nous ont permis de confirmer qu’il s’agit d’un village occupé peu avant l’arrivée des Français mais, encore aujourd’hui, il n’est toujours pas possible d’associer avec certitude le site Dawson à Hochelaga. Dawson avait en effet émis l’hypothèse qu’il pourrait s’agir de Hochelaga, le village des Iroquoiens du Saint-Laurent visité à l’automne 1535 par Jacques Cartier lors de son second voyage.

Reprise des découvertes au XXIe siècle

À l’été et à l’automne 2016, des travaux sont réalisés dans la rue Sherbrooke dans le cadre d’un réaménagement pour les festivités du 375e anniversaire de la ville. À l’intersection de la rue Peel, les archéologues trouvent des sols anciens, non perturbés, à environ 60 cm seulement de la surface de la chaussée, et, à leur grande joie, ils constatent qu’ils contiennent des vestiges contemporains de ceux du site de Dawson.

Des fouilles d’urgence sont alors entreprises et, pour la première fois en 150 ans, de nouvelles données ont été recueillies sur le site de Dawson. C’est une occasion unique de jeter un regard scientifique moderne sur cet endroit. Par exemple, la datation au radiocarbone semble situer ce site vers le début du XVe siècle, un peu plus d’un siècle avant le déménagement de Cartier à Hochelaga, et les études des résidus calcinés conservés sur la poterie montrent que les habitants du site Dawson mangeaient beaucoup de poisson. 

Nous ne pourrons probablement pas prouver qu’il s’agit d’Hochelaga, mais nous mettrons à jour nos connaissances sur les modes de vie dans ce qui reste, à ce jour, le seul village des Iroquoiens du Saint-Laurent que l’on retrouve sur l’île de Montréal. C’est ce qui motive vraiment les archéologues.

Une initiative en collaboration avec Mohawk Council of Kahnawake et KORLCC, avec le soutien de l’arrondissement de Ville-Marie.

Source du texte : Roland Tremblay 

Crédits artistiques : Kyle William’s art

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